Au Mali, la consommation de la drogue et la prévalence du VIH/SIDA au sein des couches les plus jeunes de la population, ont atteint un seuil d’alerte critique. Malheureusement, un troisième tueur silencieux, pas encore suffisamment documenté, a fait son apparition dans le paysage sanitaire national : le dopage. Ces pathologies constituent un grave problème de santé publique qui coupe le sommeil aux autorités. Ces dernières sont engagées dans une course contre la montre pour trouver les meilleures stratégies susceptibles de circonscrire voire d’éradiquer définitivement ces fléaux aux conséquences désastreuses sur la population et sur l’économie.
Outre la répression, les autorités privilégient des activités d’IEC (Information, Education & Communication) en matière de santé, pour sensibiliser les publics-cibles. C’est tout le sens de la présente Journée de sensibilisation sur les méfaits du dopage, de la drogue et du VIH/SIDA, co-organisée par le Ministère de la Sécurité et de la Protection Civile, et le Ministère de la Jeunesse, chargé de l’Instruction Civique et de la Construction Citoyenne. La cérémonie de lancement de ladite Journée, co-présidée par le Général de Division Daoud Aly MOHAMMEDINE et son collègue Abdoul Kassim Ibrahim FOMBA, s’est déroulée, ce jeudi 19 février 2026, dans l’amphithéâtre de l’Ecole Nationale de Police. On y notait la présence des membres des cabinets et des Secrétariats Généraux des ministères impliqués, leurs Directeurs Généraux, Directeurs et Chefs de Services, les militaires de la Police et de la Protection Civile, auditeurs de la Journée, ainsi que l’encadrement de la formation.
Au registre des discours, trois étaient annoncés. Mais à l’arrivée, il y eut un 4ème, prononcé par un invité-surprise, en la personne de Mahamadou KONE, Ministre des Affaires religieuses, du Culte et des Traditions, qui a apporté un soutien appuyé à ses deux collègues du gouvernement.
En sa qualité de co-président de la cérémonie de lancement, le Général de Division Daoud Aly MOHAMMEDINE s’est voulu très offensif face aux problématiques adressées. S’agissant du dopage, il a laissé entendre que l’abus de substances ou de méthodes interdites afin d’augmenter artificiellement les performances physiques ou mentales d’un individu pouvait avoir, à court ou long termes, des effets dévastateurs sur la santé physique et mentale des sujets. Ce, d’autant plus, a-t-il ajouté, que ces produits sont administrés à des doses supra-thérapeutiques.
Parlant du VIH/SIDA, le Ministre de la Sécurité et de la Protection Civile a déclaré qu’il demeure un problème de santé publique majeur à l’échelle mondiale, nonobstant les progrès scientifiques permettant d’envisager la fin de la pandémie d’ici 2030, comme s’y est engagée la communauté internationale.
Il a notamment rappelé l’urgence qu’il y a à agir pour soustraire les populations en général et les militaires en particulier des conséquences dévastatrices du dopage, de la drogue et du VIH/SIDA. Pour les sujets, a-t-il précisé, les conséquences peuvent déboucher sur la réduction de l'état de préparation militaire, la limitation des déploiements, le déclin physique et émotionnel chez les personnes infectées, les risques pour les communautés, la stigmatisation et la discrimination anéantissant le moral des troupes.
En conclusion, le Général de Division Daoud Aly MOHAMMEDINE a déclaré que ces fléaux sont incompatibles avec la mission des Forces Armées et de Sécurité car ils affaiblissent et réduisent leurs rendements et leurs capacités opérationnelles. Il s’est enfin réjoui de l’opportunité de cette journée de sensibilisation qui constitue un cadre idéal, non seulement pour renforcer les connaissances des apprenants sur les dangers du dopage et sur les mécanismes de prévention du VIH/SIDA, mais aussi pour devenir des relais d’influence positive dans les unités et les communautés. Car, précisera-t-il, c’est ensemble que nous bâtirons une armée forte, combative, digne et respectée, à laquelle s’adossera le MALIKURA de nos rêves. Ce Mali Kura dont l’artiste Djénéba SECK a chanté les louanges dans un a cappella qui a arraché des frissons à l’auditoire, avant de jouer en playback sur son titre-fétiche dédié à l’Armée malienne.